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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 09:36

J'adore la plage !...

Le matin de bonne heure, dès que la lumière est suffisante.

Quand il n'y a pas de promeneurs de chiens, pas de joggeurs; lorsque les hordes de fouisseurs de vase, ramasseurs de coques et autres pousseurs de haveneaux, ne sont pas encore arrivés.

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Si les camping-cars ne sont pas trop nombreux sur la lande: c'est l'endroit où pipits et alouettes font leurs nids, et se nourrissent .

Quand les ribambelles de vieux qui déambulent en se racontant la vie des autres, (la leur n’a plus d’intérêt), évitent de venir stationner devant mon objectif.

2 

Il y en a même qui viennent voir ce que je fais:   

« Qu'est ce que vous regardez? Monsieur? »

« Rien Madame,... vous faites tant de bruit, que le piaf est parti... », non! Je n’oserais pas, il me reste un peu de civilité, mais l’envie est là.      

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« C’est intéressant! »

« Oui, Madame! Très intéressant (c'est pour ça que je le fait). Pfff... » 

Enfin, bref, j'aime la plage quand les oiseaux peuvent s'y reposer et s'y nourrir en toute tranquillité.

Heureusement, de temps à autre, il y a l'inattendu: un(e) érudit(e), qui modestement vient partager avec vous le plaisir de parler piaf.   

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Ou encore mieux, les enfants: seuls ou en petit groupe, parfois avec leur parents... ils s'approchent timidement. « On ne vous dérange pas?» « Le petit aimerait,...»

Il viennent voir la lunette, ils ont envie de voir... eux aussi. Je ne me fait jamais prier, je montre. Il y a de vraies bonnes surprises: des gamins savants comme des livres, ils ont tout lu, ils veulent savoir... les reportages de la télé ne leurs suffisent plus: ils veulent voir.

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Il y a les autres, qui voudraient... ils ne savent pas trop quoi, mais ils ont envie.

C'est à nous de les guider, de les encourager, c'est notre relève.

Du bout de mes 70 ans, je me délecte de leur curiosité, de leur impatiente, de leur naïveté, de leur savoir naissant.

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Quand je parle de "la plage", il s'agit de celle qui part du Cul du Loup à Morsalines, jusqu'aux polders de Brévands, en passant bien sûr par l'incontournable "sanctuaire" de Beauguillot.

l-abreuvoir-7.jpg

La plage, pour moi, ce n'est pas seulement cette étroite bande de sable qui borde la mer, où vous aimez peut être prendre votre bain de soleil. C'est l’estran dans son ensemble avec ses herbiers de plantes halophiles, les embouchures de ses rivières envasées, et les marais qui se trouvent derrière la dune.

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Il y a aussi toutes ces petites mares, juste derrière le talus, destinées à abreuver les bêtes, elles sont souvent enfouies sous la végétation. C'est le paradis caché des oiseaux.

Ici vivent, le Bruant des roseaux et la Rousserolle effarvatte, dans les phragmites qui poussent au bord de la mare, elle va tisser son nid.  Gare au coucou, il cherche un endroit pour pondre son oeuf.

Si l'endroit est libre un couple de Gallinules s'y installera. Mais rien de surprenant non plus que vous y rencontriez quelques Aigrettes Garzette, un Héron cendré, ou une cigogne, venus faire provision de grenouilles, de tétards et de larves grasses.

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Là, sur cette bande de terre, à longueur d'année, mais surtout aux époques de migrations, on peut faire des rencontres.

L'année dernière j'y ai vu des Mouette tridactyle; un faucon très noir m'a nargué pendant plusieurs jours: trop éloigné pour une photo, je n'ai pas su l'identifié; un Bécasseau rousset, loin de son Amérique natale. Cette année, j'ai eu la chance d'y admirer pendant quelques heures, des torcols fourmilier. 

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Du déjà vu pour les spécialistes, des premières pour moi.

 

  J'adore ces  plages !...

Quand au loin, s'illuminent les pains de sucre des deux vieilles forteresses de la Hougue et de Tatihou, dont les pierres dorées s’irradient sur le fond d'un ciel clair.

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Oui! J'aime ces immenses plages vides, à peine semées de petits monticules rocheux; cette jeune femme solitaire, qui joue avec les vagues, ses chaussures à la main; ces voiliers blancs sortis du port de Saint Vaast, qui vont bientôt disparaître à l'horizon; ces bambins qui creusent le sable encore humide pour construire un éphémère château.

J'aime le carillon des clochers se répondant quand l'heure est venue; le beuglement des vaches dans les herbages, elles  demandent qu'on viennent s'occuper d'elles.

Ici, tout est beau. 

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Quand à marée basse les drivers sortent leurs chevaux, les sulkys en traversant les grandes flaques que la mer a laissées derrière elle, soulèvent de petits geysers blancs. Je peux les regarder des heures faire leurs exercices de dressage.

Que c'est beau un cheval qui court!  

Conquis par l'élégance  du spectacle, il m'arrive souvent d'en oublier mes chers oiseaux.

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Puis, vient l'hiver, avec ses ciels de plomb, festonnés de gris crémeux et de mauves; avec ses bourasques de vent et de pluie, devant la mer, blanche de fureur, qui se jette à l'assaut des digues:  les plages se vident. 

C'est le temps des oiseaux du Nord, ils arrivent par milliers pour passer l'hiver avec nous. 

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Mais ça, c'est l'histoire de Beauguillot.

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Published by l'oiseleur - dans Des mots et des images
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  • : Je publie ici, au jour le jour une partie de mes photos d'animaux sauvages, surtout des oiseaux, récoltées en France sous deux formes:des écrits illustrés et des albums photo classés thématiquement. Merci de votre visite.
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  • Je suis un vieux mec : 
Poitevin d'origine, 7 ans africain, devenu francilien par nécessité, normand par choix plusieurs mois par an: je suis l'oiseleur. Photographe amateur depuis plus de 50 ans, amateur d'oiseaux depuis toujours.
  • Je suis un vieux mec : Poitevin d'origine, 7 ans africain, devenu francilien par nécessité, normand par choix plusieurs mois par an: je suis l'oiseleur. Photographe amateur depuis plus de 50 ans, amateur d'oiseaux depuis toujours.

la chanson de l'oiseleur

L'oiseau qui vole si doucement
L'oiseau rouge et tiède comme le sang
L'oiseau si tendre l'oiseau moqueur
L'oiseau qui soudain prend peur
L'oiseau qui soudain se cogne
L'oiseau qui voudrait s'enfuir
L'oiseau seul et affolé
L'oiseau qui voudrait vivre
L'oiseau qui voudrait chanter
L'oiseau qui voudrait crier
L'oiseau rouge et tiède comme le sang
L'oiseau qui vole si doucement
C'est ton coeur jolie enfant
...

J Prévert